EXTRAIT DU ROMAN JOSH
Plongez dans les premières pages du roman JOSH, un thriller sensoriel et initiatique au cœur de l’océan.
Découvrez le Prologue et les deux premiers chapitres, là où tout commence: les cauchemars qui hantent Josh, la vie qu’il s’est construite à Paris, son passé trouble… et le premier frémissement de ce qui va bouleverser son existence.
Un avant-goût de l’univers du roman : mystères, émotions, tension…, puis plongée-sous-marine, amour, révélations...
Josh se lit. Josh se respire.
Prologue
Laboratoire Genaqua
Polynésie française
15 août 1993
23 h 17
Hydris Protocole
Le silence du laboratoire n’était pas vide. Il vibrait.
Sous les néons blafards, au centre de la chambre stérile, un bourdonnement constant résonnait entre les murs, entrecoupé de cliquetis secs et du souffle saccadé de la ventilation. Par moments, un goutte-à-goutte métallique tombait dans une cuve, comme une horloge biologique réglée sur une pulsation étrangère. L’air, saturé de solvants et d’éthanol, lui brûlait la gorge et lui piquait les yeux.
L’homme passa une main tremblante sur son front transpirant. Ses lunettes glissèrent sur l’arête de son nez, et il les remonta d’un geste machinal. Ses doigts portaient encore l’odeur acide du latex des gants qu’il venait d’arracher. Ses paumes étaient moites, presque engourdies.
Il avait cinquante-cinq ans, mais en paraissait dix de plus sous cette lumière crue qui creusait les rides de son visage. Ses épaules voûtées trahissaient le poids des nuits blanches accumulées. La barbe grisonnante piquait sa peau tendue, et ses yeux, d’un bleu glacé, fixaient obstinément la chambre de culture hermétique où trônait le flacon de culture cellulaire comme s’il s’y trouvait la réponse à toute une vie. Un frisson le parcourut. Là, dans le liquide visqueux irisé de fines bulles, quelque chose persistait. Une pulsation. Minuscule. Rythmée. Impossible.
Il zooma au maximum. Une forme à peine visible palpitait, comme si l’univers avait décidé, pour une fraction de seconde, de répondre.Ce n’était pas censé marcher. Pas avec ces séquences. Pas avec ce taux d’instabilité.
Un rictus amer étira ses lèvres.
— C’est impossible, murmura-t-il.
Et pourtant, c’était là.
L’essence cellulaire frémissait, nourrie par des capillaires artificiels et maintenue à une température millimétrée. L’organisme survivait. S’organisait. Subsistait.
Ce n’était pas un artefact technique, ni un réflexe. C’était une décharge, un éclair minuscule au cœur même de la cellule. Une onde. Silencieuse mais mesurable. Comme si la matière elle-même venait de faire un choix.
Il ajusta encore la sensibilité du microscope à contraste de phase. Une sueur froide parcourut tout son être. La cellule ne réagissait pas, elle initiait elle-même. Elle s’était électrisée toute seule, sans stimulus externe. Une inversion de polarité, brutale et parfaite. Un battement.
L’ombre d’une promesse.
Un espace entre deux règnes. Une brèche. Ce n’était pas une expérience. C’était une transgression.
Cette impulsion était indéfinissable.
Il ferma les yeux. Essaya de nommer ce qu’il voyait. Mais aucun mot connu ne convenait. Et peut-être valait-il mieux qu’il n’en existe pas.
C’était un miracle pour lui. Il était partagé entre émerveillement et horreur à la vue de cette vie de quelques centièmes de millimètres qui tressaillait sous ses yeux. Il y avait des règles du vivant et ce qu’il venait de créer contre tout attente, qui serait vu comme une abomination par ses pairs. Mais pas pour lui. Il se devait de protéger cette vie infime, dans le plus grand secret.
Il se laissa tomber sur le banc métallique. À bout de souffle. Les mains humides de peur. L’écran face à lui n’indiquait plus aucune alerte. Pour la première fois en trente-huit essais, les constantes se maintenaient.
L’homme était incapable de détacher son regard de la cuve. Ni forme, ni nom. Autour de lui les écrans de contrôle chuchotaient des données sans cohérence mais il n’y avait plus de retour possible après cette première contraction de vie.
Les composants venaient de cinq espèces différentes, peut-être six, certains échantillons n’avaient même pas de référence génétique connue.
Un puissant vertige le submergea. Il comprenait, enfin, ce qui débutait ici. Il n’était plus certain de ce qu’il cherchait. Une forme supérieure? Une réparation du vivant ? Un pont entre l’ancestral et le présent ? Ou simplement une réponse à cette question qu’aucune éthique n’osait poser : et si l’évolution pouvait être accélérée ?
Il fouilla dans la poche de sa blouse et saisit le carnet. Le vieux. Le secret qui ne le quittait que très peu, avec en lettre d’or sur sa couverture : “E N”. Celui qui ne figurait dans aucune base. Reliure usée. Papier rugueux. L’encre y avait bavé plus d’une fois, au rythme des nuits blanches et des accès de doute.
Il tourna lentement les pages jusqu’à la dernière.
Carnet personnel – page 47
Sélection génétique – Fusion active
Essais 1 à 38 :
Incompatibilité systématique.
Rejet cellulaire au contact des premiers inducteurs.
Absence totale de synchronisation entre l’ARN messager et les structures hôtes.
Espèces sélectionnées :
Spécimen 1 : perception sensorielle accrue
Spécimen 2 : adaptation osmotique en milieu extrême
Spécimen 3 : développement musculaire explosif
Spécimen 4 : résistance du squelette en compression
Spécimen 5 : séquence instable mais prometteuse (source non répertoriée)
Aucun équilibre. Aucune cohérence.
Essai 39 – Modification du vecteur principal.
Introduction tardive d’un ADN marginal, généralement jugé trop imprévisible pour les protocoles de fusion.
Opportuniste. Territorialisé. Extrêmement tolérant au chaos biologique.
Et cette fois… le silence.
Puis une décharge électrique, le début d’un organisme vivant.
Développement complexe rapide, symbiose totale avec la cellule hôte.
Rétention complète des séquences implantées.
Taux de rejet : 0.
Stabilité enzymatique inédite.
Ce n’est pas une chimère. Ce n’est pas une fusion. C’est… quelque chose, se dit-il.
Il écrivit les chiffres avec une précision maniaque : température, rythme pulsatile, stabilité membranaire. Les données s’alignaient, cohérentes, indéniables. Pourtant, plus il écrivait, plus sa main tremblait. Chaque valeur consignée pesait comme une condamnation. Mais ce n’étaient pas seulement des chiffres. Pas seulement un phénomène biologique. Derrière la vitre, cette énergie diffuse avait une résonance qui le dépassait. Il sentit un flux chaud s’insinuer dans ses veines.
Incroyable. Ce fragment de vie battait.
Il baissa les yeux vers le carnet. Ses mots n’étaient plus ceux d’un chercheur, mais ceux d’un témoin. Une confession. Peut-être même un avertissement.
Il le referma, lentement, comme s’il scellait un tombeau. Ou un commencement.
Quand il releva la tête, à travers la vitre sans tain, son regard embrasé se perdit dans la nuit, l’esprit en tumulte.
La lune répandait sur l’océan un éclat d’argent enfiévré, et chaque vague qui venait mourir sur le sable semblait murmurer une vérité encore voilée.
Là, au seuil du monde, l’eau veillait.
Et déjà, lui semblait-il, elle l’appelait par son nom.
Chapitre 1
Paris
8 juin 2024
Boom. Boom. Boom.
Le rythme se ralentissait de plus en plus. Le muscle contractile de mon cœur luttait chaque seconde pour éjecter le sang nourricier dans mes artères. Ce battement n’était pas seulement le mien : il résonnait, amplifié, comme s’il frappait une paroi invisible. Un écho sourd me parvenait, étranger. Toutes mes cellules hurlaient leur manque d’oxygène vital dont ce liquide rouge est normalement gorgé. La cadence devenait erratique. Les prémices des convulsions commençaient à secouer mon corps, tétanisant chaque muscle. Je voulais fuir. Crier. Mais mon corps ne répondait plus. Il glissait, happé par les tréfonds océaniques. Il s’abîmait, sans bruit. Bientôt sans vie. Déjà gagné par l’ombre.
Je voulais respirer. Mais, je ne le pouvais pas. L’oppression me submergeait. Le silence était trop dense. Mes oreilles bourdonnaient. Un mur glacé se dressait dans ce néant oppressant, lisse comme un miroir. La terreur m’assaillait de ses vagues furieuses et implacables. Un tsunami de panique m’écrasait, m’emportait, m’engloutissait. Je sombrai, happé par une densité obscure.
Non plus celle de l’eau : une matière lourde, qui me serrait et m’étouffait.
Avant de basculer dans l’inconscience, la vibration étrangère s’amplifia, comme si une autre vie battait à travers mes veines. Une résonance me traversait, me dépassait. Je me mourais, mais dans ce brouillard qui m’enveloppait, je sentis une présence qui m’observait.
Que resterait-il, de moi ?
“Bonjour, il est 6 h 45. Bienvenue sur les ondes d’Europe 1. Ce mardi 8 juin, il fait dix-sept degrés à cette heure à Paris”.
Le timbre rassurant de la journaliste s’était faufilé à travers les dernières strates du cauchemar. Mais l’écho demeurait. Mon cœur battait à tout rompre, cognant dans ma cage thoracique. Dans mes poumons, l’air semblait encore rare, mes alvéoles crispées refusant de croire qu’elles respiraient enfin. Mes oreilles grondaient toujours, comme si le mur glacé était encore là, invisible, tapi derrière moi. Comme aspiré dans un tunnel à l’envers, à vitesse supersonique, j’émergeai de l’enfer.
Le même cauchemar. Celui qui me hantait nuit après nuit.
J’entrouvris péniblement les paupières, hagard. Le souffle court, je posais une main sur ma poitrine. Mon cœur battait. Il reprenait peu à peu un rythme régulier. J’inspirais, profondément.
J’étais en vie !
Heureux de sentir l’air emplir mon thorax. Mais épuisé, comme si j’avais réellement côtoyé la mort.
J’ouvris mes yeux couleur émeraude. Je reconnaissais peu à peu l’univers familier et rassurant de ma chambre à coucher. D’un soupir profond, j’étirais tout mon corps en rejetant les draps en soie encore humides de ma peur. Je fis craquer une à une mes articulations encore endolories par la violence de ce tourment nocturne.
La journaliste continuait à égrener les nouvelles sur les ondes :
“Les travaux de Notre-Dame sont presque achevés. L’effroyable incendie ayant dévasté le joyau médiéval de l’île de la Cité sera bientôt un lointain souvenir. La réouverture au public est prévue le 8 décembre prochain ! Quelle belle nouvelle pour débuter cette journée !”
Je passai la main dans mes cheveux bruns en bataille.
Active-toi, tu as une plaidoirie importante à assurer au palais de justice à 9 h !
J’avalai mon espresso à la hâte. Booster d’énergie et rituel incontournable dès que mes pieds touchaient le sol. Chaque nuit, ou presque, quand je dormais seul, revenaient les mêmes scènes de ce délire obscur. J’avais consulté pourtant. On m’avait parlé d’angoisse primaire, de stress refoulé. Toujours ce malaise au réveil... Ce n’était pas qu’un cauchemar épouvantable. C’était autre chose.
En me dirigeant vers la salle de bain, j’aperçus les voiles légers de l’immense baie vitrée danser. Derrière eux, un fragment de la Seine et de ses ponts.
Assez de ces abîmes nocturnes !
Je me réveillais toujours à vif, secoué par ces sensations brutes. Je ne savais pas pourquoi mais j’avais depuis toujours appréhendé l’océan – son immensité, ses profondeurs, les créatures qui l’habitaient. Mais nager en piscine ne m’avait jamais effrayé. Peut-être parce que tout y était connu : les contours, le fond, ses dimensions.
Sans surprise. Sécurisant.
Punaise que c’était exaspérant.
Je reposai la tasse sur la table basse en verre puis filai vers la salle de bain. L’eau chaude coula sur mes épaules contractées, sur mon torse et mon dos encore endoloris par ma récente plongée jusqu’aux tréfonds de la peur.
L’eau bienfaitrice m’enveloppa, m’apaisa, dénoua les tensions subies.
Un léger picotement me surprit un instant, près de mon nombril– à l’endroit de ma tache de naissance. Fugace, presque insignifiant. J’ignorais pourquoi elle choisissait toujours ces moments pour se manifester.
Comme un rappel sourd. Une pulsation discrète. Avant de s’effacer sous le ruissellement de l’eau.
J’attrapai un drap de bain moelleux, azur, posé sur le sèche-serviettes. Je me frictionnai vigoureusement. Après un rasage précis, j’appliquai mon after-shave musqué, presque animal. En relevant les yeux, je remarquai les ridules qui sillonnaient désormais le coin de mes yeux en amande.
Tu vieillis, Josh, constatai-je intérieurement en saisissant le flacon de mon élixir boisé, intense.
Mon parfum. Je ne pouvais commencer ma journée sans le porter.
C’était mon armure invisible. Je me sentais nu sans lui. Il faisait partie de moi.
L’olfactif me gouvernait et son essence m’ancrait au monde.
Je traversai rapidement mon vaste dressing qui s’allumait automatiquement à mon passage. Direction la partie “Business” de ma garde-robe.
J’étais maniaque.
Tout était repassé, rangé et classé par couleur : chemises, chemisettes, pantalons, costumes, vestes, gilets, pulls, polos et t-shirts...Jusqu’à mes caleçons, chaussettes et chaussures – et même à mes montres. Tout ce petit monde avait sa place.
Et une seule.
Ordre, propreté, méthode : OPM.
Le leitmotiv de ma vie.
D’aussi loin que je me souvienne, j’avais toujours eu ce besoin de contrôle. Que tout soit prévu, maîtrisé. Parce qu’avant, rien ne l’était. Tout m’échappait.
Orphelin, je ne savais d’où je venais.
Vide.
Des interrogations sans fin, depuis que je fus en âge de m’interroger.
Depuis toujours.
J’étais prêt.
Moins de quinze minutes.
Pas mal !
Un dernier regard dans la glace, à l’entrée.
Bien.
Mon mètre quatre-vingt-cinq avait fière allure dans ce costume à la coupe parfaite.
Il m’avait coûté suffisamment cher. Je réajustai légèrement ma cravate, tilleul à rayures blanches, qui soulignait les nuances vertes de mes pupilles cerclées d’un discret anneau gris irisé. J’attrapai le jeu de clés à l’effigie du taureau indomptable posé sur la commode à l’entrée de mon loft. Deux cents mètres carrés perchés au cinquième étage d’un immeuble haussmannien niché au cœur de Paris.
Je refermai la porte.
Les quatre verrous automatisés murmurèrent leur clac.
Ma tanière était inviolable.
Go.
J’appuyai sur le bouton “-1” du sous-sol dans l’ascenseur.
Ouf, j’étais dans les temps.
Chapitre 2
Tout en prenant la direction de mes bureaux, un léger sourire me traversa.
Malgré tout, je me sentais heureux.
Cinq ans s’étaient écoulés depuis la fin de mes études d’avocat.Double cursus, mention d’excellence, concours internationaux… J’avais tout donné, et je n’avais pas failli.
J’avais réussi, après avoir travaillé comme un forcené pour me faire une place de choix dans ce monde de requins – d’avocats d’affaires. Mon succès dans l’affaire Gasol Petroleum, entreprise leader en Europe de pétrochimie, avait fait décoller le nombre de sollicitations pour que je plaide en faveur de bon nombre d’entreprises.
Elles me confiaient leurs dossiers de contentieux.
Ma cote dans le milieu avait grimpé en flèche tout comme le montant de mon compte en banque.
Ce matin-là, je marchai avec assurance vers le cabinet Remington & Haston, en plein cœur du huitième arrondissement. Notre nom s’étalait en lettres dorées sur la plaque de marbre à l’entrée.
Erik, mon ami d’enfance, était devenu mon associé. Nous avions bâti ce cabinet à la force de nos ambitions, et le prestige de nos clients n’avait cessé de croître.
J’avais travaillé sans relâche pour atteindre ce niveau.
Pas pour l’argent.
Pour être regardé autrement.
Pour devenir quelqu’un.
Désormais, certains groupes parmi les plus puissants de l’énergie, de la finance, du transport, me chargeaient de leurs dossiers, confiants en mes résultats.
Ils me consultaient en dernier recours. Mon expertise était recherchée. Ma signature rassurait.
Ma voiture, garée à sa place attitrée, m’attendait ce matin, comme un pur-sang prêt à bondir. Une Aventador noire, racée.
Inutile et indécente, diraient certains. Moi, je la considérais comme une armure de métal. Elle reflétait ce que j’avais bâti : la maîtrise, la puissance, l’ascension.
Mais tout cela masquait une faille, que je n’avais eu de cesse de combler, d’étouffer.
Un gouffre invisible. Insatiable.
Je m’étais jeté corps et âme dans la réussite, persuadé qu’atteindre les sommets me guérirait.
Que la reconnaissance ferait taire l’absence.
Mais le trou était toujours là. Juste sous le sternum.
Il revenait parfois. Douloureux, sourd et cruel.
Un vide que ni l’argent, ni les femmes, ni les victoires n’avaient su combler.
Je n’avais ni famille, ni souvenir d’enfance attaché à une mère, un père, un frère.
Rien. Le néant.
J’avais été abandonné dans des institutions religieuses. Placé, déplacé, intégré dans les meilleures écoles comme un dossier anonyme bien classé. Je n’avais manqué de rien.
Mes études avaient été payées chaque année, rubis sur l’ongle, sans que je ne sache par qui – bien que j’aie cherché, à maintes reprises, à le découvrir.
On avait veillé sur moi, pourvu à tout, sauf à l’essentiel.
Et malgré mes recherches, je n’avais jamais trouvé de réponse.
D’où venais-je ? Quelles étaient mes racines.
Erik, lui, avait toujours été là.
Nous nous étions rencontrés à l’école.
Il avait vu en moi plus que je n’osais montrer. Il avait été mon appui, mon rocher au milieu d’un océan d’incertitudes. Immuable dans le désert affectif de ma vie, il était devenu mon repère fixe .
Nos forces étaient complémentaires.
Là où j’étais rigueur et stratégie, Erik flairait l’intuition, le geste juste. À deux, nous étions redoutables.
Nous nous étions entendus instantanément : complicité rare, amitié immédiate. Comme les doigts d’une même main virtuose, nous coordonnions parfaitement nos mouvements pour sortir victorieux des affaires les plus complexes et à risques.
Mais, malgré notre réussite, malgré cette amitié solide, il m’avait toujours manqué quelque chose.
Une pièce du puzzle.
Une réponse au pourquoi.
Un sens.
Cette chose qui me rongeait souvent – ces incessantes questions– je m’évertuais à les tenir à distance par le travail. Mais elles ressurgissaient, tel un cancer cherchant à se développer dès que le traitement devenait moins efficace sur la maladie.
Parfois même, dans le silence de mes pensées, je doutais.
Je me demandais si quelque chose, en moi, ne déraillait pas doucement. Comme si une fausse note résonnait quelque part.
Comme si mon corps, ou mon esprit, jouaient une autre partition…
Deuxième extrait :
Extrait :
« La passe s’ouvrit devant nous comme une nef de cathédrale. La lumière du soleil s’y brisait en colonnes mouvantes, scintillant d’or et d’argent jusqu’aux profondeurs. Les particules flottantes dessinaient des galaxies miniatures, suspendues dans l’océan.
Un banc de fusiliers jaillit, engloutissant notre trio dans une nuée mouvante. Des milliers de petits corps miroitants vibraient à l’unisson, changeant de direction comme une seule pensée. Je tendis la main : ils se dispersèrent puis se refermèrent, nous enveloppant d’une pluie d’éclats argentés.
Adam nageait en tête, avec son allure de plongeur expérimenté rassurante et solide. Emma était légèrement à ma gauche, ses gestes gracieux se fondant dans le courant.
Puis le bleu profond s’ouvrit.
Deux silhouettes massives émergèrent, majestueuses, irréelles : des grands requins-marteaux. »
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